Amalgame dentaire :
 
Matériau d’obturation dentaire dont l’usage s’est répandu vers 1850 après une découverte en Chine qui serait datée du 4ème siècle avant J.C.
Ce matériau fait intervenir le mélange de plusieurs métaux  dont l’argent le cuivre, l’étain, quelques fois le zinc et le béryllium associés à environ 1gramme de Mercure.
Ce matériau plastique est alors inséré dans la cavité carieuse après suppression de toute la dentine infectée.
Le durcissement et la cristallisation métallique sont quasi immédiats.
Le relargage de mercure dans la cavité buccale après le brossage et la mastication a été analysé et mesuré et atteint des taux non négligeables.
La controverse concernant la nocivité de ce matériau est toujours d’actualité.
Aujourd’hui l’OMS a dicté un certain nombre de recommandations et de précautions dans l’usage de ce matériau en particulier chez la femme enceinte et chez les enfants en bas âge.
Certain pays ont interdit son utilisation (Suède, Japon)
L’évolution de ce matériau en bouche est liée au contexte salivaire et aux variations de PH (acidité) de la bouche.
Quoiqu’il en soit, dans les 10 ans suivant la pose, quelques fois plus tôt, on note systématiquement des points de corrosion visible et/ou l’effritements des rebords de l’obturation plus au moins importants suivant la présence ou pas d’autres métaux en bouche. (bimétallisme)
La conséquence de ce vieillissement  induit la percolation de l’obturation et la récidive de la maladie carieuse (reprise de carie).
On note alors une couleur grise et/ou bleutée de la dent concernée liée à l’oxydation de l’argent présent dans l’amalgame (l’oxyde d’argent est de couleur noire). En effet, les faces internes de l’amalgame oxydé (donc noir) en contact direct avec la dentine et l ‘émail dentaire translucides donnent l’impression que la dent est plus sombre.
Le traitement de cette reprise de la maladie carieuse implique un nouveau curetage de la dentine infectée et met de plus en plus en péril la conservation de la vitalité pulpaire car le curetage de la dentine réinfectée laisse de moins en moins de dentine en protection du nerf de la dent.
Il est fréquent qu’après le 2nd ou le 3ème retraitement la dent doive être dépulpée (dévitalisée).
Par ailleurs, malgré toute la virtuosité de l’opérateur, les faces proximales de la dent restaurée avec ce matériau ne sont que très rarement optimales :
Point de contact interdentaire difficilement reproductible (la bio-forme de la dent) qui induit fréquemment des tassements alimentaires interdentaires.
– Etat de surface (polissage) de ce point de contact souvent très rugueux, retenant ainsi les bactéries cariogènes et interdisant le passage prophylactique du fil dentaire.
La conséquence est qu’il est très fréquent à la dépose d’un amalgame de découvrir des caries sur les faces de contact des dents contiguës.

 

Le composite :
 
Alternative à l’amalgame.
Est constitué d’une résine plastique, exempte de mercure, insérée à l’intérieur de la cavité carieuse,  durcissant grâce à une réaction de polymérisation initiée par une lumière de longueur d’onde spécifique (lampe à photo-polymériser de couleur bleutée).
Cette réaction de polymérisation se fait par l’interaction chimique entre le monomère et le polymère contenus dans ce matériau.
Afin d’améliorer les caractéristiques de résistance à l’abrasion, des charges de poudre de céramiques ont été ajoutées dans la composition de ces produits ces dernières années.
La difficulté de la mise en œuvre de ce matériau consiste à accomplir une polymérisation complète de la totalité du matériau inséré, qui doit être réalisé dans des conditions optimales, à l’abri de l’humidité sous champs opératoire dentaire et avec l’aide d’une matrice de coffrage.
Plus la cavité carieuse est volumineuse, plus la partie profonde de la masse de matériau à polymériser devient incertaine.
Lorsque cette polymérisation est incomplète, le composite est le siège d’un relargage de molécules de monomère, composé allergisant. L’obturation n’est plus complètement étanche et les reprises de carie suivent.
Plus la carie est volumineuse, c’est-à-dire plus le nombre de faces dentaires à restaurer est important sachant qu’une dent saine comporte 5 faces, plus il sera difficile d’accomplir une polymérisation optimale sur toutes les faces de la restauration au composite.
Les restaurations avec une résine composite des lésions carieuses de 2 faces et plus, ont un pronostic de pérennité faible à mauvaise dans les 5 à 10ans.
La structure chimique de ces matériaux résineux induit une surface externe microscopiquement poreuse.
Ces microporosités seront très rapidement contaminées par les bactéries de la flore buccale.
C’est pourquoi le composite ternit et la couleur initiale s’assombrit. 
 
Les joints d’étanchéité vont  se colorer et laisser apparaître des signes d’infiltrations. Lors du retrait par fraisage de ces matériaux composites, on constate fréquemment  une odeur caractéristique de la présence de bactéries.
De par leur constitution, ces matériaux sont à éviter dans les restaurations des lésions sous ou juxta-gingivales.
En effet, lorsque ce composite est en contact direct avec la gencive, on constate régulièrement une inflammation chronique du parodonte. Cette irritation est liée à la porosité microscopique de surface qui retient la plaque bactérienne beaucoup plus que l’émail dentaire